alimentation gauloise

Dimanche 4 novembre 2007 7 04 /11 /Nov /2007 19:07

J'ai eu l'occasion de me rendre au Mont-Beuvray et de rencontrer ainsi Anne Flouest, archéologue, qui organisait un atelier sur les apports de la chimie organique pour l'étude des résidus et des ingrédients sur le mobiler archéologique. L'atelier s'accompagnait aussi d'une dégustation de cuisine gauloise: boudin, viande séchée, terrine de lentilles au saumon ou encore quenelles au sureau (mmmh..).

 

Anne Flouest, entre autre auteur de "La cuisine gauloise continue...", a eu l'occasion de cuisiner dans des fac-simile de pots gaulois et a pu donc observer les traces laissées sur les céramiques...

"Qui n'a pas expérimenté le dépôt d'encroutements noirs et carbonisés sur ses récipients de cuisine?

En archéologie on parle de caramels de cuisson (jolie image pour nommer ce que l'on a laissé attacher et brûler dans le pot!!!).

Depuis le début du Néolithique (6000 avant notre ère), les récipents en céramique existent et gardent les traces des préparations culiniaires un peu trop cuites ou oubliées au coin du feu...

Les résidus sont, à l'origine, des matières organiques (végétales ou animales: sang, produits laitiers, graisses, résines, acides tartriques...) mélangées à des matières minérales (sels, sels minéraux...). Ces assemblages moléculaires complexes riches en carbone (C), hydrogène (H), oxygène (O) et azote (N) appartiennent à plusieurs familles chimiques: terpènes, stérols, acides gras, protéines, sucres...

L'acquisition, les préparations et notamment la cuisson transforment ces matériaux et leurs molécules (dégradation, dilution, volatilisation...). L'enfouissement altère et dégrade les résidus. Mais aussi rares et ténus soient-ils, ils peuvent être présents et peuvent être recueillis.

L'analyse chimique des résidus adhérant aux parois peut-elle permettre d'identifier les ingrédients?

Les analyses:

Après avoir identifié la nature des échantillons: hulie, résine... et préparé les échantillons (par extraction, dépolymérisation...), les principales techniques d'analyses sont la chromatographie en phase gazeuse et la spectrométrie de masse. Ces analyses permettent de séparer les différents constituants moléculaires d'un mélange (chromatographie) avant d'obtenir le spectre de masse de chacun d'eux pour les identifier."                                                                 


Communication écrite d'Anne Flouest à la Fête de la Science, Centre archéologique européen de Bibracte, 13 octobre 2007

Par Camille - Publié dans : alimentation gauloise
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Vendredi 12 octobre 2007 5 12 /10 /Oct /2007 13:44



Plusieurs auteurs classiques nous parlent des banquets gaulois.

Ces manifestations spectaculaires avaient pour eux un côté exotique et fascinant en comparaison aux festins couchés des élites romaines.

Ecoutons à ce sujet Diodore de Sicile:


Pendant leurs repas, les Gaulois sont tous assis, non sur des chaises, mais à terre, et à cet effet, ils ont, en guise de tapis, des peaux de loups ou de chien.


Posidonios ajoute à cela que l'on dîne sur des petites tables basses et que l'on sert les aliments sur une litière d'herbages...Néanmoins, lors de grandes manifestations, il est très probable que l'on se contente de creuser un grand fossé au bord duquel les convives peuvent s'installer. On mange alors sur ses genoux ou sur de simples planches de bois.


N'allez pas croire que les Gaulois se comportent à table comme des gorets! Il est autorisé de brandir les morceaux à deux mains et de croquer dedans à pleines dents, mais il faut quand même manger proprement! L'emploi d'un petit couteau est recommandé en cas de difficulté...

Le repas est aussi soumis à divers codes qu'il est indispensable d'observer sous menace de pires représailles...

Ainsi il convient de faire circuler les plats de droite à gauche afin d'honorer les dieux!

Et attention où l'on s'assoit! Les Gaulois ont l'habitude de se placer en cercle, le plus puissant personnage au milieu à la place d'honneur.

De plus, les meilleurs morceaux de viande sont réservés aux héros et gare aux gourmands imprudents: les bagarres sont fréquente lorsqu'on observe pas le protocole!

Rassurez-vous, les Gaulois, connus pur leur hospitalité, savent aussi faire preuve de tolérance vis-à-vis des étrangers peu familiers de leurs coutumes!

Par GRAPA - Publié dans : alimentation gauloise
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Jeudi 11 octobre 2007 4 11 /10 /Oct /2007 13:36

Certes, la Celtique s'adonne volontiers à la bonne chère! Pourtant, gare à celui qui ne verrait là qu'un excès de gourmandise! Dans le monde gaulois, la nourriture est entourée de toute une symbolique touchant à la fois les sphères sociales, politiques et religieuses.

Tout d'abord, si une chose semble marquer les auteurs classiques venus s'aventurer chez les peuples de Gaule, ce sont leurs banquets colossaux! Ces festins font le bonheur des foules et les politiciens l'ont toujours bien compris. Si, à Rome, on vante l'importance des jeux et du pain, chez les meneurs gaulois, le secret de la popularité se cache derrière quelques piécettes d'or et de fantastiques banquets.

Ces festins, prenant la forme de cérémonies très codifiées ou chacun n'a pas droit aux mêmes parts, sont aussi l'occasion d'affirmer une certaine hiérarchie au sein des invités.

Attention, on ne banquette pas qu'entre vivants! Chez les Celtes, la nourriture prend une importance dans les cérémonies funéraires. On prend soin de rendre hommage une dernière fois l'être aimé en organisant un repas en son honneur. Et on n'oublie pas de lui laisser sa part!

Ainsi l'archéologie nous révèle nombre de tombes contenant vin, jambon et autres victuailles. Certains défunts reposent aussi à côté de pic à viande, grill, coupe à boire et autre vaisselle de table.

Pas question de ne ripailler qu'entre simples mortels! Ossements, gobelets à boire et éléments de crémaillère témoignent des banquets cultuels qui se déroulent dans les sanctuaires ou à proximité de ceux-ci. Ces festins ont une grande importance dans la vie religieuse des Gaulois: ils permettent de ressouder les liens entre hommes et dieux en réunissant deux mondes autour d'un même table.

Dans le cadre de cultes plus "individuels", l'offrande alimentaire tient également une place de premier plan. Aucun Gaulois ne se risquerait à oublier d'honorer ses divinités par le don quotidien de nourriture.

Ces offrandes alimentaires peuvent prendre la forme de quelques graines, d'un gâteau, d'un bol de bouillie, d'un quartier de viande ou d'une simple libation de lait ou de bière.

Les dons sont alors déposés dans l'autel gaulois traditionnel (une fosse protégée par un abri en bois). Selon les rites celtiques, les offrandes se décomposeront en terre et ainsi rejoindront la divinité en espérant, qu'honorée, celle-ci se montre clémente...

Par GRAPA - Publié dans : alimentation gauloise
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Jeudi 11 octobre 2007 4 11 /10 /Oct /2007 12:11



Etudier la cuisine et les coutumes alimentaires des Gaulois est loin d'être aisé. Ce domaine d'étude est à vrai dire confronté au même problème que l'ensemble des recherches touchant à la civilisation celtique: l'absence de source écrite.

Nous ne le savons que trop bien, les Gaulois rechignaient à l'écriture et nous ne pouvons nous vanter de disposer de livre de cuisine celtique comme on en possède pour le monde romain (aaah Apicius...). Et oui tradition orale oblige, les cuisinières peuvent reposer en paix, leurs recettes resteront secrètes... au grand dam des chercheurs!

Cependant, certains auteurs classiques, grecs et latins, nous rapportent dans leurs oeuvres quelques anecdotes sur l'alimentation gauloise. Ils énumèrent certaines spécialités et de très rares recettes tel ce fameux poisson grillé au vinaigre et au cumin dont nous parle Posidonios.

Prudence! Les classiques ont souvent une vision tronquée des choses. Polybe rapporte l'image de Gaulois avachis sur des litières, ne mangeant que de la viande alors qu'on sait maintenant que les céréales et les légumineuses prédominaient fortement dans l'alimentation gauloise.

Heureuseusement, la langue gauloise est encore partie connue grâce aux nombreux noms propres et toponymes qui sont parvenus jusqu'à nous, de même que certains graffiti. En attendant d'éplucher ses radis noirs, l'apprenti cuisinier, pourra se lancer dans un fin décorticage de ces mots...

Enfin, on pourra toujours demander aux archéologues d'aller faire les poubelles...

En effet, ces valeureux scientifiques ne rechignent pas à sortir de terre les restes de repas. Le céramologue essayera de tirer des informations des tessons récupérés tandis que l'archéozoologue se penchera sur les restes osseux. Avec un peu de chance, ce dernier pourra déterminer quel type de viande était consommé, l'âge d'abattage des bêtes et même les modalités de découpe bouchère et de cuisson!

Pour finir, le recours à des sciences annexes comme la palynologie (étude des pollens) et la carpologie (étude de graines et noyaux) offrent souvent de précieuses indications sur les espèces végétales consommées à l'époque.

A partir de ces diverses informations, nous connaissons les aliments consommés, les épices utilisées et les modes de cuisson des Gaulois. Hélas, aucune réelle recette à notre disposition!

Pour remplir notre chaudron, il nous reste donc que notre imagination...

Par GRAPA - Publié dans : alimentation gauloise
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Mercredi 10 octobre 2007 3 10 /10 /Oct /2007 22:46

 

Lors d'une fouille, répérer la cuisine est assez simple...il suffit de trouver le foyer!

La cuisine, vaste pièce, est le coeur de la maison gauloise et sert autant de salle à manger que de pièce à vivre.

A l'époque celtique, le foyer se situe à même le sol et il est plus ou moins aménagé sous la forme d'une chape d'argile reposant sur un radier d'amphores. Ces soles, une fois chaudes, permettent de cuire directement des galettes dessus.

Les Gauloises cuisinent parfois sur feu vif mais le plus souvent sur un lit de cendres chaudes prêt à être ravivé si besoin. Quant à la fumée, elle peut être évacuée par une ouverture du toit grâce à une hotte en torchis ou encore un bête trou dans un mur.

Certains foyers étaient-ils surélevés, comme nos cuisinières modernes? Ce n'est pas impossible. Hélas, ce genre de structure reste difficilement repérable en fouille. Il en va de même pour les installations autour du foyer: on retrouve quelquefois un trou de piquet qui correspondrait à une potence pour attacher un chaudron. La crémaillère permettant quant à elle de régler la hauteur du chaudron.

Il semble cependant que les pots à cuire restent le mode de cuisson le plus utilisé. Pour préparer soupes, bouillies et ragoût, les récipients sont simplement disposés autour du feu.

 

 

Par GRAPA - Publié dans : alimentation gauloise
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