/// la face cachée du chaudron ///

Publié le par GRAPA

Certes, la Celtique s'adonne volontiers à la bonne chère! Pourtant, gare à celui qui ne verrait là qu'un excès de gourmandise! Dans le monde gaulois, la nourriture est entourée de toute une symbolique touchant à la fois les sphères sociales, politiques et religieuses.

Tout d'abord, si une chose semble marquer les auteurs classiques venus s'aventurer chez les peuples de Gaule, ce sont leurs banquets colossaux! Ces festins font le bonheur des foules et les politiciens l'ont toujours bien compris. Si, à Rome, on vante l'importance des jeux et du pain, chez les meneurs gaulois, le secret de la popularité se cache derrière quelques piécettes d'or et de fantastiques banquets.

Ces festins, prenant la forme de cérémonies très codifiées ou chacun n'a pas droit aux mêmes parts, sont aussi l'occasion d'affirmer une certaine hiérarchie au sein des invités.

Attention, on ne banquette pas qu'entre vivants! Chez les Celtes, la nourriture prend une importance dans les cérémonies funéraires. On prend soin de rendre hommage une dernière fois l'être aimé en organisant un repas en son honneur. Et on n'oublie pas de lui laisser sa part!

Ainsi l'archéologie nous révèle nombre de tombes contenant vin, jambon et autres victuailles. Certains défunts reposent aussi à côté de pic à viande, grill, coupe à boire et autre vaisselle de table.

Pas question de ne ripailler qu'entre simples mortels! Ossements, gobelets à boire et éléments de crémaillère témoignent des banquets cultuels qui se déroulent dans les sanctuaires ou à proximité de ceux-ci. Ces festins ont une grande importance dans la vie religieuse des Gaulois: ils permettent de ressouder les liens entre hommes et dieux en réunissant deux mondes autour d'un même table.

Dans le cadre de cultes plus "individuels", l'offrande alimentaire tient également une place de premier plan. Aucun Gaulois ne se risquerait à oublier d'honorer ses divinités par le don quotidien de nourriture.

Ces offrandes alimentaires peuvent prendre la forme de quelques graines, d'un gâteau, d'un bol de bouillie, d'un quartier de viande ou d'une simple libation de lait ou de bière.

Les dons sont alors déposés dans l'autel gaulois traditionnel (une fosse protégée par un abri en bois). Selon les rites celtiques, les offrandes se décomposeront en terre et ainsi rejoindront la divinité en espérant, qu'honorée, celle-ci se montre clémente...

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